Pour ceux qui ne vous connaîtraient pas, peux-tu nous dire, qui est Fickle et comment vous vous êtes rencontrés ?
Tout a commencé en 2001. Nous étions une formation à quatre membres, qui plus tard a évolué à cinq avec l'arrivée de Ben en 2004. Nous avons sorti un premier album autoproduit en 2003. En 2005, nous avons fait la rencontre de Peter Murray pour la sortie du nouvel album. En gros, le parcours du groupe s'est fait de la sorte : échange de dates avec la scène française, beaucoup de rencontres, se démerder par nous-même, pour arriver finalement à la rencontre avec Peter Murray. La rencontre du groupe s'est faite par des amis des amis et par des petites annonces. En gros, la lignée classique de tout groupe amateur qui commence.
Vous venez de sortir votre deuxième album, "ID". Cet opus devait également être autoproduit. Tout a changé après votre rencontre avec Peter Murray. Tu veux bien nous raconter ?
Au départ c'était parti pour une autoproduction importante de notre part, puisque nous voulions mettre les moyens. Nous arrivons à une période de nos vies, entre 20 et 25 ans, où nous tenions à prendre des décisions. Nous avons joué le tout pour le tout et nous avons fait un gros album que nous avons produit. C'est justement cela qui a mis la puce à l'oreille de Peter et c'est ce qui lui a plu, parce que le son était vraiment abouti. Même si par la suite nous avons fignolé l'album avec lui, il y avait quand même une partie qui était faite. C'est notre envie d'y arriver qui l'a séduit. Il nous a apporté son expérience, il a vingt ans de métier. Il sait ce qu'il a fait, c'est crédible et il est dans le milieu rock. Il n'a jamais produit de variété ou de trucs comme ça. Il a produit, entre autres, Silmarils, Dolly, Les Négresses Vertes, ce n'est pas n'importe quoi. Il n'a pas fait Le Papa Pingouin (rires).
En quoi votre style a évolué depuis votre premier disque ?
Tout simplement, déjà par la technique musicale. Cela fait 6 ans que le groupe existe et 8 ans que nous jouons. Cela ne fait qu'évoluer. Ensuite, sur le style, nous avons pu nous ouvrir plus largement, tout en restant dans notre genre musical. Le style évolue avec les années. On ne peut pas se limiter à toujours écouter les artistes que nous écoutions il y a quelques années. Il suffit de voir à quel point la palette de rock actuel se diversifie et s'élargit de plus en plus. C'est l'évolution logique de la chose.
Les titres de votre album ont un format assez court. Est-ce quelque chose de calculé ?
Comme je te l'avais dit au début, comme nous avions autoproduit notre album, nous voulions que notre disque serve à quelque chose. Non seulement pour nous, pour une reconnaissance personnelle, mais aussi pour peut-être viser plus haut par la suite. Nous ne calculons pas tout, mais nous ne sommes pas non plus stupides à faire n'importe quoi.
Quand tu parles d'un album qui serve à quelque chose, tu penses à d'éventuels passages en radio ?
Ca, nous ne pouvions pas le savoir à l'époque quand nous l'avions fait en autoproduction. Les radios n'étaient même pas dans nos têtes. Nous ne savions pas du tout comment marchait le truc, mais nous voulions au moins pouvoir faire quelque chose de nous-même. Cela doit sans doute venir aussi de l'influence des groupes de notre genre musical. Je ne connais pas une seule chanson qui dure plus de 7 minutes, à part cas exceptionnels. Je crois que c'est le style qui veut que les chansons punk-rock soient assez courtes.
Sur votre album il y a des titres en français et d'autres titres en anglais. Pourquoi avoir eu envie de mélanger les langues?
Notre premier album était entièrement en anglais. Quand nous sommes sortis de cet album en 2003, nous nous sommes tout de suite dit que nous devrions nous démarquer.
Nous voulions faire quelque chose de différent. Le seul moyen pour cela c'était sur l'écriture. Cela passait par les textes et par le chant en français, parce que nous n'avions pas beaucoup de références en français à l'époque. Nous nous sommes donc tout de suite mis à écrire en français, tout en gardant le côté anglais, car il y a des mélodies qui sont inadaptables en français pour l'instant. J'ai par exemple du mal à imaginer notre titre "Best friends" en français. Ce serait beaucoup plus festif. En tout cas, pour l'instant, notre oreille et celle de l'auditeur ne sont pas habituées à cela. Ca viendra peut-être au fil des années. Nous voulions faire quelque chose de différent.
Sur votre site Internet on peut retrouver votre journal, sorte de blog par lequel vous échangez avec votre public. Cette notion de partage est importante pour vous ?
Oui, complètement, surtout dans cette veine. C'est le style qui veut ça. C'est un style vraiment underground où l'on est avec le public. Nous soutenons toute la scène indé et nous en faisons partie, donc nous l'allons pas dénigrer quoi que ce soit et s'éloigner de là où l'on vient. Nous faisons le journal pour faire une sorte de review des concerts où les gens peuvent aller voir les photos des concerts. Les gens viennent, postent des commentaires, nous envoient des photos qu'ils ont prises au concert, ils s'échangent des trucs. Nous pouvons interagir grâce à cela.
> fickle.propagande.org
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Sandrine Albanesi, le 26/06/2006 pour MusicActu
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