Samaha, d'où vient ton prénom ?
En fait, Samaha c'est mon deuxième prénom. Il signifie deux choses en arabe : "écoutez-là" et "pardon". Ma mère m'a appelé comme ça en honneur à la femme qui l'a faite accoucher. C'est grâce à elle que je suis là aujourd'hui, car l'accouchement s'était plutôt mal passé. J'ai su très tard ce que mon prénom signifiait. C'est un ami marocain qui me l'a expliqué.
Ton père était chanteur, est-ce que ça a beaucoup joué sur ton entrée dans le métier ?
Mon père n'est pas un chanteur à succès. On ne peut pas dire que ça m'ait vraiment aidé. Je pense, tout de même, qu'il m'a influencée artistiquement. Il a commencé à écrire pour moi quand j'avais 6 ans. Mais c'est toujours difficile de travailler avec son père (rires). Il voulait que je chante, parfois même devant nos invités (rires). J'ai commencé à y prendre plus de plaisir, lorsque je me suis mise à écrire, et à interpréter mes propres textes. Avant ça, pour moi, le chant était plutôt une thérapie lorsque je n'allais pas bien. Ecrire me rend plus équilibrée.
Quand tu étais jeune, tu voulais être nonne pour lutter contre les injustices. Tu as finalement décidé de devenir chanteuse. Pensais-tu pouvoir toucher plus le monde de cette façon ?
Pour moi, le chant est un moyen d'expression. Je chante tout le temps, particulièrement lorsque je suis mal à l'aise. C'est maladif. Dans le métro par exemple, j'agace les gens. Je peux être assise, tranquille, et me mettre subitement à chanter (rires). C'est ma façon de gérer mon stress. Mais, j'ai aussi envie d'être entendue, et de partager des choses avec les gens qui m'écoutent.
Est-ce difficile, aujourd'hui de s'imposer en tant que femme auteur-compositeur-interprète ?
C'est le rôle de femme-auteur qui est le plus compliqué . Une femme qui parle, ça gêne quelques fois. On me reproche d'être trop spontanée. Certains voudraient peut-être que je gère plus mes mots, mais je n'y arrive pas. Je l'ai trop fait par le passé. Mes parents m'ont donné une éducation stricte, et je suis à un stade de ma vie, où je ne veux plus me taire.
Que penses-tu de l'engouement actuel pour le rap et le R'n'B ?
Je pense que ce sont des modes. Ca vient, ça passe. C'est comme le rock. Il en faut pour tous les goûts. J'apprécie le R'n'B, mais ce n'ai pas ce que j'ai envie de faire. D'ailleurs, je ne me suis jamais dit qu'il fallait absolument que je fasse de la pop. Je fais juste ce que j'aime. En général, lorsque j'écris un morceau, je me mets au piano ou à la guitare avec mon compositeur Daniel Lafforgue, j'écris des mots, et nous incluons des instruments au fur et à mesure. J'adore la guitare donc j'en mets partout.
Tu es bilingue. Sur ton album il y a un titre dont le refrain est en anglais, as-tu déjà pensé à faire une carrière internationale ?
J'y pense. Au départ, les titres qui sont sur mon album étaient presque tous en anglais. Je les ai traduits. Je les ai d'abord écrit en anglais, ma langue maternelle, puis je les ai adaptés en français, sauf pour mon titre "Pâle copie". J'aimerais faire une carrière internationale . Une partie de ma famille vit en Angleterre, et ils aimeraient bien comprendre ce que je dis (rires).
Tu as travaillé avec des musiciens de renom, comme Jamie Muhoberac, Chris Bruce et Carla Azar, qu'est ce que ça t'a apporté ?
J'ai été flattée qu'ils bossent avec moi sur ce projet. Ils m'ont apporté beaucoup de bonnes choses. Auparavant, ils avaient travaillé avec des artistes comme Seal ou les Rolling Stones. Je les ai laissés assez libres artistiquement. Mon compositeur et moi leur avons donné une ligne mélodique, et ils se sont lachés. Je pense qu'ils ont mis une touche de fraicheur dans mon album. Ils sont vraiment sensibles et passionnés. Ils m'ont beaucoup apporté humainement par leur simplicité.
Parle-nous de ton titre "Qu'est ce qui t'arrive encore".
C'est une chanson que j'ai écrite pour une amie que j'ai vu sombrer dans la déchéance de l'alcoolisme, puis dans la maladie. Elle perdait la tête. J'ai traduis mon impuissance face à son inexorable chute. Ce titre est une sorte de question "Qu'est-ce que je suis censée dire, qu'est-ce que je suis censée sentir...". Un jour, elle nous a quitté, et je suis restée sans savoir quoi faire. J'étais perdue. C'est ce que j'ai voulu traduire dans le passage "Est-ce que je suis censée survivre, ou te rejoindre au paradis". Elle était vraiment très importante pour moi. Mes parents ont divorcé, et elle était un peu comme ma maman.
Ton titre "Tum Ta" raconte le suicide d'une adolescente dont tu as été témoin dans le métro. As-tu écrit cette chanson pour exorciser ce qui s'est passé ?
Oui, c'est une chanson qui me touche beaucoup. J'ai eu des passages dans ma vie où j'ai pensé à faire la même chose. Quand cette jeune fille s'est jetée sous le métro, j'ai eu le sentiment qu'elle l'avait fait à ma place. C'est très étrange. C'est comme si une partie de moi était partie à ce moment là. J'allais réguilèrement à cet endroit pour prier que son âme monte au paradis.
Tu seras en première partie du concert d'Axel Bauer le 22 Octobre à l'Elysée Montmartre. Quel enjeu cela représente t-il pour toi ?
J'adore ce qu'il fait, donc ça me fait vraiment plaisir. C'est un producteur qui m'a offert cette opportunité. Je me sens bien lorsque je suis sur scène. Il est certain que j'ai toujours un peu peur, mais j'adore le contact avec le public. J'ai toujours envie de donner le meilleur de moi. J'ai fait pas mal de concerts cet été. Ca s'est plutôt bien passé, même si les gens ne venaient pas spécialement pour me voir. J'ai fait les premières parties de Pascal Obispo, de De Palmas, de Youri Buenaventura et d'Eagle Eye Cherry. C'est éprouvant car je me demande toujours comment les gens vont m'accueillir. Mais c'était toujours très sympa. Je pense qu'il n'y a pas de raisons que ça se passe mal à partir du moment où on reste simple.
Quels sont tes projets pour l'avenir ?
Déjà, il y a la sortie de mon nouveau single "Samaha". Ensuite, j'aimerais faire un nouvel album dans lequel je m'investirais encore plus. J'ai déjà commencé à écrire pas mal de titres. Je souhaiterais aussi continuer à faire de la scène. Et, à long terme, mon but est d'être utile en aidant des associations. J'ai envie de faire des choses un peu plus sociales, et ne pas gagner bêtement de l'argent pour m'acheter des yachts.
> En savoir plus sur le Net avec Google
Emily Warner, le 15/10/2001 pour MusicActu
emily.warner@musicactu.com
Copyright © 2000-2008 MédiasActu · publicité .gif)
En savoir plus sur MusicActu et contacter la rédaction, cliquez-ici
Design / Développement / Hébergement : Goupe Les Argonautes · MusicActu utilise DELIA, outil de gestion de contenu
Tout pour ton mobile : logos, sonneries, jeux Java, vidéos - Sonneries MP3 et sonneries polyphoniques pour ton mobile
Logos couleurs et logos animés pour ton mobile - Jeux pour mobiles et jeux Java - Vidéos pour ton mobile
referencement · modelisme monster truck · vacances en corse ile rouse balagne
sitemap paroles actualité musicale actualités musicales actu musique electro hip hop chansons variété rock album clip biographie trip hop dj reggae radio concert classement pop festival
N'oubliez pas de citer vos sources ;)
www.MusicActu.com
Copyright © 2000-2008 MédiasActu